ISF Nord s’implique dans le développement hydraulique au Sénégal

Quatre étudiants du groupe ISF Nord sont partis cet été dans le nord du Sénégal pour mener une étude sur les besoins en eau de la région.
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ISF Nord

En parcourant les villages de brousse dans le Ferlo, région rurale isolée au beau milieu du nord du Sénégal, on se rend compte que deux obstacles majeurs freinent le développement : l’absence d’électrification et la difficulté d’accès à l’eau potable. Tous les autres problèmes de cette zone y sont liés de près ou de loin.

Les ethnies présentes que sont les Peûlhs et les Serrères y vivent d’élevage et d’agriculture, et sont donc totalement dépendantes des ressources en eau. Les quelques forages qui alimentent la région n’étant pas électrifiés, ils ne fonctionnent que si l’alimentation en gasoil a pu être effectuée. Ceci cause de fréquentes pénuries d’eau en saison sèche ou oblige la population à s’approvisionner dans les mares pendant la saison des pluies. Ainsi, les maladies hydriques sont le principal problème sanitaire après le paludisme.

Par ailleurs, les femmes et les enfants sont souvent mobilisés pour les corvées d’eau, qui peuvent être très longues pour aller jusqu’au forage le plus proche (plusieurs dizaines de kilomètres). Cela engendre un problème chronique de scolarisation des enfants, d’autant plus qu’il n’y a quelquefois pas d’écoles dans les villages.

Face à ces difficultés de développement, l’Agence de coopération pour la valorisation des énergies renouvelables au Sénégal (AVERS), association de migrants basée en métropole lilloise, a proposé au groupe ISF Nord un projet d’étude sur les besoins en eau de la communauté rurale de Vélingara dans la région de Matam.
En partenariat avec les services déconcentrés de l’état sénégalais concernés (Agence régionale de développement et Direction régionale de l’hydraulique), quatre bénévoles d’ISF Nord ont ainsi parcouru 30 villages de la région et effectué un travail d’enquête auprès des populations. Ils ont rédigé un dossier de diagnostic qui viendra appuyer les demandes de financement d’AVERS et pourra aider la Direction régionale de l’hydraulique dans ses études de  faisabilité.

Sur place, les étudiants ont été frappés par l’isolement de la région et la difficulté à s’y déplacer. Pendant l’hivernage, les pluies rendent les pistes quasiment impraticables. Des agriculteurs ont parfois dû les mener en charrette, tirée par des chevaux ou des ânes. Une autre différence constatée avec le reste du Sénégal est l’extrême pauvreté des populations dans ces villages, qui n’ont souvent ni adduction d’eau potable, ni électricité, ni école ou case de santé. La communauté rurale compte trois forages d’eau fonctionnels pour 74 villages et presque 19 000 habitants. Les gens sont pourtant très accueillants, toujours prêts à héberger ou à partager un repas alors qu’ils ont parfois à peine de quoi nourrir leur famille !.

10 juin 2012
Thibault Viennet, groupe ISF Nord
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